Privilège des finalistes : la visite du site de Navires Armés Cherbourg

La finale du Trophée Poséidon 2006-2007 se déroulant à Cherbourg il était impossible aux étudiants des Grandes Ecoles finalistes du Trophée d’échapper à une visite des ateliers d’assemblage entièrement dédiés à la construction des sous-marins. Le sous-marin est d’après Pierre Quinchon, Directeur du pôle Navires Armés de DCNS, l’engin militaire le plus complexe à concevoir en comparaison aux avions de combat, porte-avions ou autres chars d’assaut. Un véritable défi technologique pour les ingénieurs. Une complexité que les élèves ont le privilège d’apprécier au cours d’une visite chronométrée à l’image du timing propre aux projets navals menés chez DCNS.

Les 40 finalistes et leurs 10 accompagnateurs se voient à la fois remettre à l’entrée du chantier des casques de protection et une consigne : interdiction de prendre des photographies du site, précaution obligatoire dans un endroit aussi sensible que peut l’être un site d’assemblage de sous-marins nucléaires. L’occasion pour ces futurs ingénieurs de se rendre compte du gigantisme d’un projet tel que celui du Terrible, dernière génération des sous-marins nucléaires lanceurs d’engins conçus par DCNS. Les élèves entendent tout à coup un vocabulaire bien loin des cours théoriques, chaudière nucléaire, nef d’assemblage, M51. L’assemblage par tronçon du bâtiment se fait dans une synchronisation parfaite nous explique Guillaume Jampy, adjoint au management pour le projet Le Terrible : « Quand vous assemblez deux tronçons, c’est une équipe de 20 soudeurs qui au coup de sifflet soudent simultanément. Et pour parvenir à réaliser l’opération dans son intégralité entre deux tronçons, c’est pas loin de trois semaines de travail. »

Et d’ajouter un sourire en coin : « Alors vous êtes scotchés ? » Mathieu Guillon-Verne l’est visiblement par « le travail d’équipe qu’un tel chantier nécessite. La complémentarité des tâches effectuées ici est tout simplement impressionnante. » Véronique de l’Esigelec ne se voit absolument pas à la tête d’une équipe de soudeurs alors qu’elle observe les ouvriers s’affairer autour des futurs cabines des sous-mariniers : « On a pas souvent l’occasion de venir sur un site comme celui-là. Mais ce qui m’intéresserait c’est plus travailler sur la conception des radars, sonars. En réalité, c’est vraiment l’intelligence d’un bâtiment comme celui-là qui me passionne. ».

La veille de la visite les étudiants ont pu rencontré Nicolas Boudon, ancien élève de l’Ensieta, qui est aujourd’hui chef d’un bureau d’études, première fonction qu’un ingénieur issu des Grandes Ecoles peut se voir proposer chez DCNS. Et c’est en se souvenant de ce témoignage que Xavier, élève à l’Ensam Bordeaux, réfléchit à son stage pour l’été. Il se demande après la visite du chantier du Terrible s’il ne va pas postuler au pôle Navires Armés de DCNS, parce qu’il y a « malgré tout pas mal de choses à faire ici ». Mathieu, de Centrale Marseille, est totalement séduit alors qu’il visite le centre de certification technique : « Je n’avais absolument aucune idée du travail que ça pouvait représenter de construire un sous-marin. Mais alors là ! je suis de plus en plus conquis. » Les élèves de l’Ensieta, quant à eux, sont un peu moins dans l’inconnu : « Vous savez, l’enseignement de l’école vous mène directement chez DCNS. C’est vraiment la seule entreprise qui réunit avec autant de passion la mer et la haute technologie. »

Cherbourg est aujourd’hui à la fête puisque la ville commémore le 40e anniversaire du Redoutable, premier SNLE (sous-marin nucléaire lanceur d’engins) de la Marine Française lancé en 1967. Il a constitué l’un des maillons forts de la FOST (Force Océanique Stratégique) qui a participé efficacement durant la guerre froide à la politique de dissuasion de la République Française. Aujourd’hui le Redoutable est devenu une pièce maîtresse de la Cité de la Mer de Cherbourg en devenant un véritable musée consacré à l’aventure industrielle de DCNS et constitue par la même occasion un formidable témoignage de l’histoire navale française. Les élèves des Grandes Ecoles ont sillonné ce bâtiment, pour se rendre compte par eux-mêmes de la complexité de conception en matière d’ingénierie qu’un sous-marin peut représenter ; un « véritable défi » à leurs yeux. Une visite qui se déroule entre deux barres de plongées, en passant par le carré des officiers, les couchettes des sous-mariniers, passage dans la salle de commandement, à proximité des périscopes, de la table traçante nécessaire à une navigation qui se fait les yeux fermés. Les discours avec notamment les anecdotes de l’amiral Louzeau, premier commandant du Redoutable, viennent conclure cet anniversaire marquant de l’histoire navale française. 20 ans de service pour ce vieux loup des mers qu’est le Redoutable. Une idée forte s’impose alors à ces étudiants venus participer à la Finale du Trophée Poséidon à Cherbourg. L’histoire de DCNS est un passé sur lequel leur projet d’avenir peut sans nul doute reposer.


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